lundi 14 mai 2007
Sur la route de l'Everest
Bien que Katmandu soit le lieu de ravitaillement avant chaque sejour dans les Himalayas, on n'y vient pas pour avoir de la tranquillite ni pour avoir les poumons roses! Le quartier touristique de Thamel est notre premier vrai contact avec la culture népalaise (ou "occidentalo-népalaise"). Que ce soit pour acheter des telephones satellites ou des GPS pour les alpinistes aguerris, des antibiotiques (habituellement placés sur la meme rangee que les bonbons!), ou des vetements "grano-pseudo-nepalais" pour bien s'identifier comme touriste a la recherche du "Moi perdu", on y trouve de tout dans ce quartier. Il y a aussi les monasteres et temples, comme le superbe "Monkey Temple" qui est en effet le repere de plusieurs singes rhesus venus pour grignoter les aliments divers deposes en offrande aux dieux. Malgre tout cela, nous n'avions pas l'intention d'y rester trop longtemps... l'air des montagnes nous appelait!
2 jours apres notre arrivee dans la capitale nepalaise, nous etions fin prets a lacer nos bottes et a se lancer sur la route de l'Everest. Le plan des 2 prochaines semaines incluait 13 jours de trekking avec l'aide d'un guide nepalais du nom de Bishnu et de 2 porteurs, Don et Yamenta, que nous allions engager sur place, le tout a une altitude qui allait s'elever a 5550m et avec un taux d'O2 qui allait descendre jusqu'a 50% par rapport au niveau de la mer. Notre "arme speciale" pour cette aventure n'allait etre nulle autre que la charmante (et celibataire pour les interesses!) Grenadine, une amie de Montreal, qui est debarquee a Katmandou avec nos manteaux d'hiver, des barres tendres, des chocolats de Paques et du sirop d'erable! Une fois nos ventres biens remplis des gateries de Nadine, nous avons pris un vol jusqu'a Lukla, la ou la rendonnee allait commencer. Pour 90$US, Air Agni vous offre un vol Katmandou-Lukla avec une vue grandiose des Hymalayas... ou moins grandiose du fond du petit sac dans la pochette devant le siege!
Des notre arrivee le matin, les porteurs nous attendent pour commencer notre mini-expedition. Ils porteront chacun environ 25kg, soit 24kg pour notre materiel personnel et le dernier kg pour leurs petits souliers de toile aux motifs camouflage de qualite "Dollorama", qui ne serviront que pour les temps vraiment froids! Les conditions de travail de ces surhommes de 100-110lbs (mouilles!) payes a 10$US/jour nous semblent inhumaines, mais il savoir que c'est du luxe d'être un porteur avec seulement 25kg sur le dos... certains , pour un salaire moindre transportent jusqu'a 110kg avec un "attelage" rudimentaire a travers les hauts cols enneiges!
De 4 a 9 heures de marche par jour sont prevues en augmentant progressivement en altitude. Notre premier arret au village de Phakding (~2450m) se fera la meme journee que notre arrivee a Lukla au grand desespoir de Nadine qui n'a eu que 24 heures pour se remettre de son long vol et de l'inconcourtable decallage horaire.
Sans decrire en detailchaque journee de l'expedition , disons que pour atteindre la derniere lodge avant de s'attaquer au camp de base de l'Everest, l'aventure en montagne fut ponctuee de quelques courbatures, maux de tete et/ou etourdissements relies a l'altitude, un peu de pluie, un peu de neige, un peu de grele, quelques accidentelles foulees dans la bouse de yacks (on s'est dit que si c'etait le pied gauche, ca allait etre une journee chanceuse!), des enfants ayant la morve au nez qui demandent des "bom-boms", des porteurs Sherpas en "gougounes" charges comme des betes de somme, des troupeaux de yacks nous forcent a marcher a quelques cm des ravins, des ponts suspendus "Made in Nepal", des vieilles dames qui sourient avec 3 dents, mais surtout des montagnes magnifiques qui forment le toit du monde.
Les logements chez l'habitant ou "tea lodge" sont a la fois simples et fonctionnels et permettent le repos merite en fin de journee. Les repas y sont copieux et l'accueuil tres chaleureux . Le hicdemeure la fraicheur des nuits qui nous oblige a nous "momifier" dans nos sacs de couchage jusqu'au prochain " appel de la nature"...! En effet, nous avons pris durant notre ascension un medicament (Diamox) qui aide a diminuer les effets desagreables relies a l'altitude, mais qui a un effet diuretique! La solution populaire chez les habitues de la montagne, c'est d'uriner dans une bouteille vide et donc de limiter les desagrements que supposent de sortir dehors a -10 degre (par rapport a 0 degre dans la lodge)! Disons que "TitiNStef" ont surmonte l'epreuve avec brio2, si ce n'est qu'une nuit ou un "contenant artisanal" a laisse passer une fine fuite dans le "support artisanal", soit la botte de Stephanie!
C'est au 9ieme jour qu'on peut tenter de voir le camp de base de l'Everestou resident dans les tentes plus de 25 expeditions internationales, pretes a gravir le dit sommet apres plusieurs mois d'acclimatation et d'entrainement.
Depui le debut du trek, nos "episodes gastro-intestinales" n'ont jamais meritees la une de notre blog, un peu comme dans les films ou l'on ne voit jamais les acteurs aller 3 fois par jour a la salle de bain... ca n'apporte pas grand chose a l'histoire si ce n'est que des inquietudes a nos cheres "momans" qui ont deja eu leur part de cheveux blancs suite a nos tumultueuses aventures passees...! Par contre a plus de 5000m d'altitude, chaque petit bobo prend tout son importance... A cet effet Nadine n'a pas eu de chancea Gorak Shep, ce dernier lieu d'acclimatation que nous avons affectueusement nomme "Gorak Shit" pour des raisons evidentes. Pendant que notre pauvre Nadine "profitait de son abonnement aux becosses nepalaises", nous avons entrepris la marche vers le camp de base de l'Everest (5365m).
3 heures seront necessaires avant d'etre aux pieds de l'Everest. Deja a la recherchede chaleur, notre sang s'est glace davantage lorsque nous avons croise un convoi de quelques hommes qui procedaient a l'evacuation d'urgence d'une femme en detresse essayant tant bien que mal de tenir sur le cheval qui avait ete mis a sa disposition... Le mal aigu des montagnes frappe fort ici. C'est ce qui explique les trop frequents vrombissements d'helicopteres chaque matin. C'est a cet instant que l'on prend conscience du reel danger: se rendre a plus de 5000m d'altitude, c'est plus que se balader sur un relief 15 fois plus haut que le mont St-Hilaire, c'est aussi repousser les limites physiologiques. Le camp de base n'est ni plus ni moins qu'un village de tentes colorees sur fond de roches et de neige. Nous y sommes donc restes 45 minutes, passant la majeure partie de notre temps dans la tente servant de boulangerie pour les alpinistes du secteur... Quelle bonne brioche a la cannelle!
Le lendemain matin la journee allait commencer a 4h30am, ce qui etait supposé nous donner le temps de grimper le Kalapattar (5550m) d'ou nous devions voir le soleil se lever derriere le Mont Everest. Le concept etait bon , mais la temperature ne l'etait pas... Une dense brume a obscurci la visibilite jusqu'a temps que nous commencions a descendre (3heures plus tard). apres quelques cliches au sommet en souvenir de notre accomplissement. A notre retour, Nadine se reposait encore apres une dure nuit a combattre les coriaces "envahisseurs gastriques"... A notre lodge, un autre marcheur avait encore plus de problemes... Ce Francais dans la cinquantaine semblait avoir ete foudroye par le mal des montagnes.Deshydrate, desoriente, le visage bleui a cause de son oedeme pulmonaire, il a du etre evacue d'urgence en helicoptere apres avoir recu les bons soins de Dr Stef et que nous ayions appele en France et mis tout en marche le processus par telephone satellite...
De notre cote, il fallait deja prendre le chemin du retour en repassant par les jolis villages tels que Tengboche (avec son superbe monastere), Namche Bazar (ou il y a un marche important-d'ou son nom "bazar") et bien d'autres. Apres avoir eu une tuque greffee sur la tete durant pres d'une semaine, une douche reste un grand fantasme a realiser en accedant a ces villages... Malheureusement, les porteurs ne pouvaient pas se payer ce luxe, d'ou est nee notre expression: "Ca sent le p'tit porteur!"
Le retour se fit donc sans trop d'anicroches, a part un delai de quelques heures pour notre vol de retour a Katmandu. De retour dans la jungle urbaine, nous n'avions qu'une autre journee a passer avec Nadine qui allait déja repartir pour Montreal pendant que nous allions continuer notre route vers Pokhara. Merci Grenadine pour ta charmante compagnie!
2 jours apres notre arrivee dans la capitale nepalaise, nous etions fin prets a lacer nos bottes et a se lancer sur la route de l'Everest. Le plan des 2 prochaines semaines incluait 13 jours de trekking avec l'aide d'un guide nepalais du nom de Bishnu et de 2 porteurs, Don et Yamenta, que nous allions engager sur place, le tout a une altitude qui allait s'elever a 5550m et avec un taux d'O2 qui allait descendre jusqu'a 50% par rapport au niveau de la mer. Notre "arme speciale" pour cette aventure n'allait etre nulle autre que la charmante (et celibataire pour les interesses!) Grenadine, une amie de Montreal, qui est debarquee a Katmandou avec nos manteaux d'hiver, des barres tendres, des chocolats de Paques et du sirop d'erable! Une fois nos ventres biens remplis des gateries de Nadine, nous avons pris un vol jusqu'a Lukla, la ou la rendonnee allait commencer. Pour 90$US, Air Agni vous offre un vol Katmandou-Lukla avec une vue grandiose des Hymalayas... ou moins grandiose du fond du petit sac dans la pochette devant le siege!
Des notre arrivee le matin, les porteurs nous attendent pour commencer notre mini-expedition. Ils porteront chacun environ 25kg, soit 24kg pour notre materiel personnel et le dernier kg pour leurs petits souliers de toile aux motifs camouflage de qualite "Dollorama", qui ne serviront que pour les temps vraiment froids! Les conditions de travail de ces surhommes de 100-110lbs (mouilles!) payes a 10$US/jour nous semblent inhumaines, mais il savoir que c'est du luxe d'être un porteur avec seulement 25kg sur le dos... certains , pour un salaire moindre transportent jusqu'a 110kg avec un "attelage" rudimentaire a travers les hauts cols enneiges!
De 4 a 9 heures de marche par jour sont prevues en augmentant progressivement en altitude. Notre premier arret au village de Phakding (~2450m) se fera la meme journee que notre arrivee a Lukla au grand desespoir de Nadine qui n'a eu que 24 heures pour se remettre de son long vol et de l'inconcourtable decallage horaire.
Sans decrire en detailchaque journee de l'expedition , disons que pour atteindre la derniere lodge avant de s'attaquer au camp de base de l'Everest, l'aventure en montagne fut ponctuee de quelques courbatures, maux de tete et/ou etourdissements relies a l'altitude, un peu de pluie, un peu de neige, un peu de grele, quelques accidentelles foulees dans la bouse de yacks (on s'est dit que si c'etait le pied gauche, ca allait etre une journee chanceuse!), des enfants ayant la morve au nez qui demandent des "bom-boms", des porteurs Sherpas en "gougounes" charges comme des betes de somme, des troupeaux de yacks nous forcent a marcher a quelques cm des ravins, des ponts suspendus "Made in Nepal", des vieilles dames qui sourient avec 3 dents, mais surtout des montagnes magnifiques qui forment le toit du monde.
Les logements chez l'habitant ou "tea lodge" sont a la fois simples et fonctionnels et permettent le repos merite en fin de journee. Les repas y sont copieux et l'accueuil tres chaleureux . Le hicdemeure la fraicheur des nuits qui nous oblige a nous "momifier" dans nos sacs de couchage jusqu'au prochain " appel de la nature"...! En effet, nous avons pris durant notre ascension un medicament (Diamox) qui aide a diminuer les effets desagreables relies a l'altitude, mais qui a un effet diuretique! La solution populaire chez les habitues de la montagne, c'est d'uriner dans une bouteille vide et donc de limiter les desagrements que supposent de sortir dehors a -10 degre (par rapport a 0 degre dans la lodge)! Disons que "TitiNStef" ont surmonte l'epreuve avec brio2, si ce n'est qu'une nuit ou un "contenant artisanal" a laisse passer une fine fuite dans le "support artisanal", soit la botte de Stephanie!
C'est au 9ieme jour qu'on peut tenter de voir le camp de base de l'Everestou resident dans les tentes plus de 25 expeditions internationales, pretes a gravir le dit sommet apres plusieurs mois d'acclimatation et d'entrainement.
Depui le debut du trek, nos "episodes gastro-intestinales" n'ont jamais meritees la une de notre blog, un peu comme dans les films ou l'on ne voit jamais les acteurs aller 3 fois par jour a la salle de bain... ca n'apporte pas grand chose a l'histoire si ce n'est que des inquietudes a nos cheres "momans" qui ont deja eu leur part de cheveux blancs suite a nos tumultueuses aventures passees...! Par contre a plus de 5000m d'altitude, chaque petit bobo prend tout son importance... A cet effet Nadine n'a pas eu de chancea Gorak Shep, ce dernier lieu d'acclimatation que nous avons affectueusement nomme "Gorak Shit" pour des raisons evidentes. Pendant que notre pauvre Nadine "profitait de son abonnement aux becosses nepalaises", nous avons entrepris la marche vers le camp de base de l'Everest (5365m).
3 heures seront necessaires avant d'etre aux pieds de l'Everest. Deja a la recherchede chaleur, notre sang s'est glace davantage lorsque nous avons croise un convoi de quelques hommes qui procedaient a l'evacuation d'urgence d'une femme en detresse essayant tant bien que mal de tenir sur le cheval qui avait ete mis a sa disposition... Le mal aigu des montagnes frappe fort ici. C'est ce qui explique les trop frequents vrombissements d'helicopteres chaque matin. C'est a cet instant que l'on prend conscience du reel danger: se rendre a plus de 5000m d'altitude, c'est plus que se balader sur un relief 15 fois plus haut que le mont St-Hilaire, c'est aussi repousser les limites physiologiques. Le camp de base n'est ni plus ni moins qu'un village de tentes colorees sur fond de roches et de neige. Nous y sommes donc restes 45 minutes, passant la majeure partie de notre temps dans la tente servant de boulangerie pour les alpinistes du secteur... Quelle bonne brioche a la cannelle!
Le lendemain matin la journee allait commencer a 4h30am, ce qui etait supposé nous donner le temps de grimper le Kalapattar (5550m) d'ou nous devions voir le soleil se lever derriere le Mont Everest. Le concept etait bon , mais la temperature ne l'etait pas... Une dense brume a obscurci la visibilite jusqu'a temps que nous commencions a descendre (3heures plus tard). apres quelques cliches au sommet en souvenir de notre accomplissement. A notre retour, Nadine se reposait encore apres une dure nuit a combattre les coriaces "envahisseurs gastriques"... A notre lodge, un autre marcheur avait encore plus de problemes... Ce Francais dans la cinquantaine semblait avoir ete foudroye par le mal des montagnes.Deshydrate, desoriente, le visage bleui a cause de son oedeme pulmonaire, il a du etre evacue d'urgence en helicoptere apres avoir recu les bons soins de Dr Stef et que nous ayions appele en France et mis tout en marche le processus par telephone satellite...
De notre cote, il fallait deja prendre le chemin du retour en repassant par les jolis villages tels que Tengboche (avec son superbe monastere), Namche Bazar (ou il y a un marche important-d'ou son nom "bazar") et bien d'autres. Apres avoir eu une tuque greffee sur la tete durant pres d'une semaine, une douche reste un grand fantasme a realiser en accedant a ces villages... Malheureusement, les porteurs ne pouvaient pas se payer ce luxe, d'ou est nee notre expression: "Ca sent le p'tit porteur!"
Le retour se fit donc sans trop d'anicroches, a part un delai de quelques heures pour notre vol de retour a Katmandu. De retour dans la jungle urbaine, nous n'avions qu'une autre journee a passer avec Nadine qui allait déja repartir pour Montreal pendant que nous allions continuer notre route vers Pokhara. Merci Grenadine pour ta charmante compagnie!
samedi 14 avril 2007
"Mystic India"
Ca y est, on est en Inde!!
A Kolkata. Anciennement Calcutta. C'est notre porte d'entree.
Avec 24000 habitants au km carre, et peu d'habitations en hauteur, cela fait pas mal de monde dans la rue : des rickshaws-men (les derniers en Inde), des rickshaws motorises, des taxis, des autos, des motos, des pietons, des chevres, des mendiants, des vendeurs de rue, des familles qui resident sur les trottoirs, etc., tout ce beau monde se partage le meme espace vital, c'est a dire une rue pas souvent pavee, souvent crevassee, boueuse, mais toujours animee.
Tous nos sens sont en eveil, la vue, l'odorat (souvent peu agreable:), le toucher (ou plutot les gens qui nous aggrippent pour nous vendre quelque chose).
La colonisation anglaise a laisse ses traces : le the Chai (au lait), l'engouement pour le criquet et la langue anglaise relativement bien parlee par la majorite des indiens. Diverses religions dont l'hindouisme et l'islam sont les principales, doivent coexister avec leurs croyances respectives et leurs rituels, ce qui n'est pas toujours evident.
Nous avons fait quelques ballades dans la ville, au Victoria Memorial Hall (en hommage a la reine Victoria), au temple de Kali (deesse hindoue de la peur) mais l'essentiel de notre voyage a Kolkata s'est effectue en regardant le "spectacle" de la rue : il y a le joueur de flute qui joue le meme air a chaque fois qu'il croise un touriste, le vendeur de cartes postales qui vend des cartes si poussiereuses et ecornees qu'il serait difficile d'en envoyer, et il y a les mendiants. On pourrait ecrire un livre sur la mendicite en Inde (et cela a deja ete fait souvent), mais il faut savoir qu'elle commence jeune (des enfants de 2-3 ans tous crottes qui nous prennent la main pour nous demander des bonbons, du shampoing, des roupies), mais il faut parfois resister a la tentation de leur donner, la mendicite de la rue etant une 'mafia' organisee...bien sur, les vrais handicapes et les vieillards ont peu de potentiel de travail dans un pays surpeuple comme l'Inde alors il faut savoir choisir ses batailles et vivre avec ses sentiments de culpabilite. L'important c'est de se sentir bien avec ses actes et que cela nous fasse reflechir.
Beaucoup de jeunes backpackers s'arretent a Kolkata pour offrir leurs services en temps que benevoles chez les Soeurs de la Charite, dont la fondatrice n'est nulle autre que Mere Teresa, decedee en 1997 et beatifiee en 2003. Thierry avait deja eu l'occasion de travailler avec elles lors d'un voyage precedent, et nous avons pu visiter le jour de Paques la Maison-Mere avec le tombeau de Mere Teresa, ainsi que la Leproserie de banlieue tenue par les Freres de la Charite.
Il y a tant a donner et a aider mais on ne peut sauver tout le monde : meme si on donnait tout ce que l'on possede, certains en voudrait encore plus, car vivre dans la rue c'est plutot survivre, on ferait surement pareil.
Un mot sur la nourriture indienne, souvent vegetarienne, toujours savoureuse et epicee mais malheureusement trop laxative pour nous!;)
Notre prochaine destination fut la ville de Darjeeling, haute perchee dans les montagnes, et c'est un train-couchette de 14 heures qui nous a emmenes a destination. Les transports en commun indiens, voila un autre sujet de livre : surpeuples, animes, c'est un peu un spectacle de rue sur roues ("Chai Tea, Chai Tea!"). Dans un train comme cela, si on n'a pas d'amis, on s'en fait, et c'est plus intime que chez Jean Coutu!
Apres le train, il nous a encore fallu 4 heures en arriere d'un jeep style "oesophage boogie" pour arriver a Darjeeling, cise entre 1800 et 2400 metres d'altitude. Autant dire que l'on y pense a 2 fois avant d'aller faire des courses "downtown". A l'arrivee, choc thermique : de + 30 degres a Kolkata (avec une envie folle de climatiseur) a + 5 degres a Darjeeling (avec une envie folle de chaufferette)!
Dans cette charmante ville, les influences tibetaines et nepalaises se font vivement sentir : les facies sont plus ronds, les gens plus reserves mais sympathiques et la cuisine est un peu differente : nous avons redecouvert le plaisir de manger des momos (demi-lunes de pate bouillie remplies de fromage, de viande ou de legumes). Mmmm!
Deux visites ont valu la peine de la marche necessaire pour s'y rendre. La premiere au "Tibetan Refugees Self Help Center", ou environ 400 Tibetains habitent depuis leur exode de la fin des annees 1950, lors de l'invasion chinoise et de la fuite du Dalai-Lama. Apres les premiers dons venus de l'etranger, ils s'organiserent pour s'autogerer en vendant des produits d'artisanat, et nous tentons de les encourager en visitant leur centre.
La deuxieme ballade nous a menes a la decouverte d'une des fameuses plantations de the, la 'Happy Valley Tea Estate", qui s'etend a perte de vue. La fabrique etait fermee mais une charmante dame nous a fait deguster son the de premier qualite, qu'elle nous a fierement declare etre du "First Flush Super Fine Tippy Golden Flowerly Orange Pekoe Number One" (si vous repetez ca sans erreur dans les partys du Jour de l'An, c'est que vous n'etes pas saouls!); il faut avouer qu'il etait delicieux, tres fin pour les amateurs. Il s'agit de cueillir la fleur de the et d'en prendre la pointe pour la premiere qualite, la deuxieme feuille pour la deuxieme qualite et ainsi de suite. La production de la plantation Happy Valley de Darjeeling est envoyee a la compagnie Twinings pour etre melangee a d'autres varietes.
Pour ceux qui ont peu voyage, l'Inde est un choc culturel assure, et meme pour les voyageurs aguerris, c'est a chaque fois une readaptation majeure a ce monde interlope
Le temps etait venu de changer de cap, direction le Nepal! apres 4 heures de jeep du meme "oesophage boogie", un autobus local de 1 heure, un rickshaw a velo et une marche de 1 heure, nous voici a une des frontieres indo-nepalaises, Kakarbitta, sans encombres.
Namaste Nepal! Il ne nous restait "plus" qu'un bus de 16h de nuit pour arriver a Katmandu. Nous avons decouvert que les autobus nepalais n'ont rien a envier aux autobus indiens. Quelle aventure! Les hauts-parleurs au plafond crachent une musique indienne a tue-tete, une femme (derriere nous bien sur!) parle sur son cellulaire toute la nuit, la place pour les jambes est environ celle d'une demi-classe economique de charter d'avion...bref, il n'y a que la beaute du spectacle de la vallee de Katmandu pour nous faire oublier notre nuit passee sur la corde a linge!
A Kolkata. Anciennement Calcutta. C'est notre porte d'entree.
Avec 24000 habitants au km carre, et peu d'habitations en hauteur, cela fait pas mal de monde dans la rue : des rickshaws-men (les derniers en Inde), des rickshaws motorises, des taxis, des autos, des motos, des pietons, des chevres, des mendiants, des vendeurs de rue, des familles qui resident sur les trottoirs, etc., tout ce beau monde se partage le meme espace vital, c'est a dire une rue pas souvent pavee, souvent crevassee, boueuse, mais toujours animee.
Tous nos sens sont en eveil, la vue, l'odorat (souvent peu agreable:), le toucher (ou plutot les gens qui nous aggrippent pour nous vendre quelque chose).
La colonisation anglaise a laisse ses traces : le the Chai (au lait), l'engouement pour le criquet et la langue anglaise relativement bien parlee par la majorite des indiens. Diverses religions dont l'hindouisme et l'islam sont les principales, doivent coexister avec leurs croyances respectives et leurs rituels, ce qui n'est pas toujours evident.
Nous avons fait quelques ballades dans la ville, au Victoria Memorial Hall (en hommage a la reine Victoria), au temple de Kali (deesse hindoue de la peur) mais l'essentiel de notre voyage a Kolkata s'est effectue en regardant le "spectacle" de la rue : il y a le joueur de flute qui joue le meme air a chaque fois qu'il croise un touriste, le vendeur de cartes postales qui vend des cartes si poussiereuses et ecornees qu'il serait difficile d'en envoyer, et il y a les mendiants. On pourrait ecrire un livre sur la mendicite en Inde (et cela a deja ete fait souvent), mais il faut savoir qu'elle commence jeune (des enfants de 2-3 ans tous crottes qui nous prennent la main pour nous demander des bonbons, du shampoing, des roupies), mais il faut parfois resister a la tentation de leur donner, la mendicite de la rue etant une 'mafia' organisee...bien sur, les vrais handicapes et les vieillards ont peu de potentiel de travail dans un pays surpeuple comme l'Inde alors il faut savoir choisir ses batailles et vivre avec ses sentiments de culpabilite. L'important c'est de se sentir bien avec ses actes et que cela nous fasse reflechir.
Beaucoup de jeunes backpackers s'arretent a Kolkata pour offrir leurs services en temps que benevoles chez les Soeurs de la Charite, dont la fondatrice n'est nulle autre que Mere Teresa, decedee en 1997 et beatifiee en 2003. Thierry avait deja eu l'occasion de travailler avec elles lors d'un voyage precedent, et nous avons pu visiter le jour de Paques la Maison-Mere avec le tombeau de Mere Teresa, ainsi que la Leproserie de banlieue tenue par les Freres de la Charite.
Il y a tant a donner et a aider mais on ne peut sauver tout le monde : meme si on donnait tout ce que l'on possede, certains en voudrait encore plus, car vivre dans la rue c'est plutot survivre, on ferait surement pareil.
Un mot sur la nourriture indienne, souvent vegetarienne, toujours savoureuse et epicee mais malheureusement trop laxative pour nous!;)
Notre prochaine destination fut la ville de Darjeeling, haute perchee dans les montagnes, et c'est un train-couchette de 14 heures qui nous a emmenes a destination. Les transports en commun indiens, voila un autre sujet de livre : surpeuples, animes, c'est un peu un spectacle de rue sur roues ("Chai Tea, Chai Tea!"). Dans un train comme cela, si on n'a pas d'amis, on s'en fait, et c'est plus intime que chez Jean Coutu!
Apres le train, il nous a encore fallu 4 heures en arriere d'un jeep style "oesophage boogie" pour arriver a Darjeeling, cise entre 1800 et 2400 metres d'altitude. Autant dire que l'on y pense a 2 fois avant d'aller faire des courses "downtown". A l'arrivee, choc thermique : de + 30 degres a Kolkata (avec une envie folle de climatiseur) a + 5 degres a Darjeeling (avec une envie folle de chaufferette)!
Dans cette charmante ville, les influences tibetaines et nepalaises se font vivement sentir : les facies sont plus ronds, les gens plus reserves mais sympathiques et la cuisine est un peu differente : nous avons redecouvert le plaisir de manger des momos (demi-lunes de pate bouillie remplies de fromage, de viande ou de legumes). Mmmm!
Deux visites ont valu la peine de la marche necessaire pour s'y rendre. La premiere au "Tibetan Refugees Self Help Center", ou environ 400 Tibetains habitent depuis leur exode de la fin des annees 1950, lors de l'invasion chinoise et de la fuite du Dalai-Lama. Apres les premiers dons venus de l'etranger, ils s'organiserent pour s'autogerer en vendant des produits d'artisanat, et nous tentons de les encourager en visitant leur centre.
La deuxieme ballade nous a menes a la decouverte d'une des fameuses plantations de the, la 'Happy Valley Tea Estate", qui s'etend a perte de vue. La fabrique etait fermee mais une charmante dame nous a fait deguster son the de premier qualite, qu'elle nous a fierement declare etre du "First Flush Super Fine Tippy Golden Flowerly Orange Pekoe Number One" (si vous repetez ca sans erreur dans les partys du Jour de l'An, c'est que vous n'etes pas saouls!); il faut avouer qu'il etait delicieux, tres fin pour les amateurs. Il s'agit de cueillir la fleur de the et d'en prendre la pointe pour la premiere qualite, la deuxieme feuille pour la deuxieme qualite et ainsi de suite. La production de la plantation Happy Valley de Darjeeling est envoyee a la compagnie Twinings pour etre melangee a d'autres varietes.
Pour ceux qui ont peu voyage, l'Inde est un choc culturel assure, et meme pour les voyageurs aguerris, c'est a chaque fois une readaptation majeure a ce monde interlope
Le temps etait venu de changer de cap, direction le Nepal! apres 4 heures de jeep du meme "oesophage boogie", un autobus local de 1 heure, un rickshaw a velo et une marche de 1 heure, nous voici a une des frontieres indo-nepalaises, Kakarbitta, sans encombres.
Namaste Nepal! Il ne nous restait "plus" qu'un bus de 16h de nuit pour arriver a Katmandu. Nous avons decouvert que les autobus nepalais n'ont rien a envier aux autobus indiens. Quelle aventure! Les hauts-parleurs au plafond crachent une musique indienne a tue-tete, une femme (derriere nous bien sur!) parle sur son cellulaire toute la nuit, la place pour les jambes est environ celle d'une demi-classe economique de charter d'avion...bref, il n'y a que la beaute du spectacle de la vallee de Katmandu pour nous faire oublier notre nuit passee sur la corde a linge!
vendredi 13 avril 2007
jeudi 12 avril 2007
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