Ca y est, on est en Inde!!
A Kolkata. Anciennement Calcutta. C'est notre porte d'entree.
Avec 24000 habitants au km carre, et peu d'habitations en hauteur, cela fait pas mal de monde dans la rue : des rickshaws-men (les derniers en Inde), des rickshaws motorises, des taxis, des autos, des motos, des pietons, des chevres, des mendiants, des vendeurs de rue, des familles qui resident sur les trottoirs, etc., tout ce beau monde se partage le meme espace vital, c'est a dire une rue pas souvent pavee, souvent crevassee, boueuse, mais toujours animee.
Tous nos sens sont en eveil, la vue, l'odorat (souvent peu agreable:), le toucher (ou plutot les gens qui nous aggrippent pour nous vendre quelque chose).
La colonisation anglaise a laisse ses traces : le the Chai (au lait), l'engouement pour le criquet et la langue anglaise relativement bien parlee par la majorite des indiens. Diverses religions dont l'hindouisme et l'islam sont les principales, doivent coexister avec leurs croyances respectives et leurs rituels, ce qui n'est pas toujours evident.
Nous avons fait quelques ballades dans la ville, au Victoria Memorial Hall (en hommage a la reine Victoria), au temple de Kali (deesse hindoue de la peur) mais l'essentiel de notre voyage a Kolkata s'est effectue en regardant le "spectacle" de la rue : il y a le joueur de flute qui joue le meme air a chaque fois qu'il croise un touriste, le vendeur de cartes postales qui vend des cartes si poussiereuses et ecornees qu'il serait difficile d'en envoyer, et il y a les mendiants. On pourrait ecrire un livre sur la mendicite en Inde (et cela a deja ete fait souvent), mais il faut savoir qu'elle commence jeune (des enfants de 2-3 ans tous crottes qui nous prennent la main pour nous demander des bonbons, du shampoing, des roupies), mais il faut parfois resister a la tentation de leur donner, la mendicite de la rue etant une 'mafia' organisee...bien sur, les vrais handicapes et les vieillards ont peu de potentiel de travail dans un pays surpeuple comme l'Inde alors il faut savoir choisir ses batailles et vivre avec ses sentiments de culpabilite. L'important c'est de se sentir bien avec ses actes et que cela nous fasse reflechir.
Beaucoup de jeunes backpackers s'arretent a Kolkata pour offrir leurs services en temps que benevoles chez les Soeurs de la Charite, dont la fondatrice n'est nulle autre que Mere Teresa, decedee en 1997 et beatifiee en 2003. Thierry avait deja eu l'occasion de travailler avec elles lors d'un voyage precedent, et nous avons pu visiter le jour de Paques la Maison-Mere avec le tombeau de Mere Teresa, ainsi que la Leproserie de banlieue tenue par les Freres de la Charite.
Il y a tant a donner et a aider mais on ne peut sauver tout le monde : meme si on donnait tout ce que l'on possede, certains en voudrait encore plus, car vivre dans la rue c'est plutot survivre, on ferait surement pareil.
Un mot sur la nourriture indienne, souvent vegetarienne, toujours savoureuse et epicee mais malheureusement trop laxative pour nous!;)
Notre prochaine destination fut la ville de Darjeeling, haute perchee dans les montagnes, et c'est un train-couchette de 14 heures qui nous a emmenes a destination. Les transports en commun indiens, voila un autre sujet de livre : surpeuples, animes, c'est un peu un spectacle de rue sur roues ("Chai Tea, Chai Tea!"). Dans un train comme cela, si on n'a pas d'amis, on s'en fait, et c'est plus intime que chez Jean Coutu!
Apres le train, il nous a encore fallu 4 heures en arriere d'un jeep style "oesophage boogie" pour arriver a Darjeeling, cise entre 1800 et 2400 metres d'altitude. Autant dire que l'on y pense a 2 fois avant d'aller faire des courses "downtown". A l'arrivee, choc thermique : de + 30 degres a Kolkata (avec une envie folle de climatiseur) a + 5 degres a Darjeeling (avec une envie folle de chaufferette)!
Dans cette charmante ville, les influences tibetaines et nepalaises se font vivement sentir : les facies sont plus ronds, les gens plus reserves mais sympathiques et la cuisine est un peu differente : nous avons redecouvert le plaisir de manger des momos (demi-lunes de pate bouillie remplies de fromage, de viande ou de legumes). Mmmm!
Deux visites ont valu la peine de la marche necessaire pour s'y rendre. La premiere au "Tibetan Refugees Self Help Center", ou environ 400 Tibetains habitent depuis leur exode de la fin des annees 1950, lors de l'invasion chinoise et de la fuite du Dalai-Lama. Apres les premiers dons venus de l'etranger, ils s'organiserent pour s'autogerer en vendant des produits d'artisanat, et nous tentons de les encourager en visitant leur centre.
La deuxieme ballade nous a menes a la decouverte d'une des fameuses plantations de the, la 'Happy Valley Tea Estate", qui s'etend a perte de vue. La fabrique etait fermee mais une charmante dame nous a fait deguster son the de premier qualite, qu'elle nous a fierement declare etre du "First Flush Super Fine Tippy Golden Flowerly Orange Pekoe Number One" (si vous repetez ca sans erreur dans les partys du Jour de l'An, c'est que vous n'etes pas saouls!); il faut avouer qu'il etait delicieux, tres fin pour les amateurs. Il s'agit de cueillir la fleur de the et d'en prendre la pointe pour la premiere qualite, la deuxieme feuille pour la deuxieme qualite et ainsi de suite. La production de la plantation Happy Valley de Darjeeling est envoyee a la compagnie Twinings pour etre melangee a d'autres varietes.
Pour ceux qui ont peu voyage, l'Inde est un choc culturel assure, et meme pour les voyageurs aguerris, c'est a chaque fois une readaptation majeure a ce monde interlope
Le temps etait venu de changer de cap, direction le Nepal! apres 4 heures de jeep du meme "oesophage boogie", un autobus local de 1 heure, un rickshaw a velo et une marche de 1 heure, nous voici a une des frontieres indo-nepalaises, Kakarbitta, sans encombres.
Namaste Nepal! Il ne nous restait "plus" qu'un bus de 16h de nuit pour arriver a Katmandu. Nous avons decouvert que les autobus nepalais n'ont rien a envier aux autobus indiens. Quelle aventure! Les hauts-parleurs au plafond crachent une musique indienne a tue-tete, une femme (derriere nous bien sur!) parle sur son cellulaire toute la nuit, la place pour les jambes est environ celle d'une demi-classe economique de charter d'avion...bref, il n'y a que la beaute du spectacle de la vallee de Katmandu pour nous faire oublier notre nuit passee sur la corde a linge!
samedi 14 avril 2007
vendredi 13 avril 2007
jeudi 12 avril 2007
samedi 7 avril 2007
S'abonner à :
Messages (Atom)

























