lundi 14 mai 2007

Everest et les environs
























































Sur la route de l'Everest

Bien que Katmandu soit le lieu de ravitaillement avant chaque sejour dans les Himalayas, on n'y vient pas pour avoir de la tranquillite ni pour avoir les poumons roses! Le quartier touristique de Thamel est notre premier vrai contact avec la culture népalaise (ou "occidentalo-népalaise"). Que ce soit pour acheter des telephones satellites ou des GPS pour les alpinistes aguerris, des antibiotiques (habituellement placés sur la meme rangee que les bonbons!), ou des vetements "grano-pseudo-nepalais" pour bien s'identifier comme touriste a la recherche du "Moi perdu", on y trouve de tout dans ce quartier. Il y a aussi les monasteres et temples, comme le superbe "Monkey Temple" qui est en effet le repere de plusieurs singes rhesus venus pour grignoter les aliments divers deposes en offrande aux dieux. Malgre tout cela, nous n'avions pas l'intention d'y rester trop longtemps... l'air des montagnes nous appelait!
2 jours apres notre arrivee dans la capitale nepalaise, nous etions fin prets a lacer nos bottes et a se lancer sur la route de l'Everest. Le plan des 2 prochaines semaines incluait 13 jours de trekking avec l'aide d'un guide nepalais du nom de Bishnu et de 2 porteurs, Don et Yamenta, que nous allions engager sur place, le tout a une altitude qui allait s'elever a 5550m et avec un taux d'O2 qui allait descendre jusqu'a 50% par rapport au niveau de la mer. Notre "arme speciale" pour cette aventure n'allait etre nulle autre que la charmante (et celibataire pour les interesses!) Grenadine, une amie de Montreal, qui est debarquee a Katmandou avec nos manteaux d'hiver, des barres tendres, des chocolats de Paques et du sirop d'erable! Une fois nos ventres biens remplis des gateries de Nadine, nous avons pris un vol jusqu'a Lukla, la ou la rendonnee allait commencer. Pour 90$US, Air Agni vous offre un vol Katmandou-Lukla avec une vue grandiose des Hymalayas... ou moins grandiose du fond du petit sac dans la pochette devant le siege!
Des notre arrivee le matin, les porteurs nous attendent pour commencer notre mini-expedition. Ils porteront chacun environ 25kg, soit 24kg pour notre materiel personnel et le dernier kg pour leurs petits souliers de toile aux motifs camouflage de qualite "Dollorama", qui ne serviront que pour les temps vraiment froids! Les conditions de travail de ces surhommes de 100-110lbs (mouilles!) payes a 10$US/jour nous semblent inhumaines, mais il savoir que c'est du luxe d'être un porteur avec seulement 25kg sur le dos... certains , pour un salaire moindre transportent jusqu'a 110kg avec un "attelage" rudimentaire a travers les hauts cols enneiges!
De 4 a 9 heures de marche par jour sont prevues en augmentant progressivement en altitude. Notre premier arret au village de Phakding (~2450m) se fera la meme journee que notre arrivee a Lukla au grand desespoir de Nadine qui n'a eu que 24 heures pour se remettre de son long vol et de l'inconcourtable decallage horaire.
Sans decrire en detailchaque journee de l'expedition , disons que pour atteindre la derniere lodge avant de s'attaquer au camp de base de l'Everest, l'aventure en montagne fut ponctuee de quelques courbatures, maux de tete et/ou etourdissements relies a l'altitude, un peu de pluie, un peu de neige, un peu de grele, quelques accidentelles foulees dans la bouse de yacks (on s'est dit que si c'etait le pied gauche, ca allait etre une journee chanceuse!), des enfants ayant la morve au nez qui demandent des "bom-boms", des porteurs Sherpas en "gougounes" charges comme des betes de somme, des troupeaux de yacks nous forcent a marcher a quelques cm des ravins, des ponts suspendus "Made in Nepal", des vieilles dames qui sourient avec 3 dents, mais surtout des montagnes magnifiques qui forment le toit du monde.
Les logements chez l'habitant ou "tea lodge" sont a la fois simples et fonctionnels et permettent le repos merite en fin de journee. Les repas y sont copieux et l'accueuil tres chaleureux . Le hicdemeure la fraicheur des nuits qui nous oblige a nous "momifier" dans nos sacs de couchage jusqu'au prochain " appel de la nature"...! En effet, nous avons pris durant notre ascension un medicament (Diamox) qui aide a diminuer les effets desagreables relies a l'altitude, mais qui a un effet diuretique! La solution populaire chez les habitues de la montagne, c'est d'uriner dans une bouteille vide et donc de limiter les desagrements que supposent de sortir dehors a -10 degre (par rapport a 0 degre dans la lodge)! Disons que "TitiNStef" ont surmonte l'epreuve avec brio2, si ce n'est qu'une nuit ou un "contenant artisanal" a laisse passer une fine fuite dans le "support artisanal", soit la botte de Stephanie!
C'est au 9ieme jour qu'on peut tenter de voir le camp de base de l'Everestou resident dans les tentes plus de 25 expeditions internationales, pretes a gravir le dit sommet apres plusieurs mois d'acclimatation et d'entrainement.
Depui le debut du trek, nos "episodes gastro-intestinales" n'ont jamais meritees la une de notre blog, un peu comme dans les films ou l'on ne voit jamais les acteurs aller 3 fois par jour a la salle de bain... ca n'apporte pas grand chose a l'histoire si ce n'est que des inquietudes a nos cheres "momans" qui ont deja eu leur part de cheveux blancs suite a nos tumultueuses aventures passees...! Par contre a plus de 5000m d'altitude, chaque petit bobo prend tout son importance... A cet effet Nadine n'a pas eu de chancea Gorak Shep, ce dernier lieu d'acclimatation que nous avons affectueusement nomme "Gorak Shit" pour des raisons evidentes. Pendant que notre pauvre Nadine "profitait de son abonnement aux becosses nepalaises", nous avons entrepris la marche vers le camp de base de l'Everest (5365m).
3 heures seront necessaires avant d'etre aux pieds de l'Everest. Deja a la recherchede chaleur, notre sang s'est glace davantage lorsque nous avons croise un convoi de quelques hommes qui procedaient a l'evacuation d'urgence d'une femme en detresse essayant tant bien que mal de tenir sur le cheval qui avait ete mis a sa disposition... Le mal aigu des montagnes frappe fort ici. C'est ce qui explique les trop frequents vrombissements d'helicopteres chaque matin. C'est a cet instant que l'on prend conscience du reel danger: se rendre a plus de 5000m d'altitude, c'est plus que se balader sur un relief 15 fois plus haut que le mont St-Hilaire, c'est aussi repousser les limites physiologiques. Le camp de base n'est ni plus ni moins qu'un village de tentes colorees sur fond de roches et de neige. Nous y sommes donc restes 45 minutes, passant la majeure partie de notre temps dans la tente servant de boulangerie pour les alpinistes du secteur... Quelle bonne brioche a la cannelle!
Le lendemain matin la journee allait commencer a 4h30am, ce qui etait supposé nous donner le temps de grimper le Kalapattar (5550m) d'ou nous devions voir le soleil se lever derriere le Mont Everest. Le concept etait bon , mais la temperature ne l'etait pas... Une dense brume a obscurci la visibilite jusqu'a temps que nous commencions a descendre (3heures plus tard). apres quelques cliches au sommet en souvenir de notre accomplissement. A notre retour, Nadine se reposait encore apres une dure nuit a combattre les coriaces "envahisseurs gastriques"... A notre lodge, un autre marcheur avait encore plus de problemes... Ce Francais dans la cinquantaine semblait avoir ete foudroye par le mal des montagnes.Deshydrate, desoriente, le visage bleui a cause de son oedeme pulmonaire, il a du etre evacue d'urgence en helicoptere apres avoir recu les bons soins de Dr Stef et que nous ayions appele en France et mis tout en marche le processus par telephone satellite...
De notre cote, il fallait deja prendre le chemin du retour en repassant par les jolis villages tels que Tengboche (avec son superbe monastere), Namche Bazar (ou il y a un marche important-d'ou son nom "bazar") et bien d'autres. Apres avoir eu une tuque greffee sur la tete durant pres d'une semaine, une douche reste un grand fantasme a realiser en accedant a ces villages... Malheureusement, les porteurs ne pouvaient pas se payer ce luxe, d'ou est nee notre expression: "Ca sent le p'tit porteur!"
Le retour se fit donc sans trop d'anicroches, a part un delai de quelques heures pour notre vol de retour a Katmandu. De retour dans la jungle urbaine, nous n'avions qu'une autre journee a passer avec Nadine qui allait déja repartir pour Montreal pendant que nous allions continuer notre route vers Pokhara. Merci Grenadine pour ta charmante compagnie!